#19

Ingrid : de l’hôtellerie à l’enseignement supérieur

« L’objectif n’est pas uniquement de trouver quelque chose que l’on sait faire, mais un job qui va réunir l’ensemble des éléments qui sont importants pour nous. »

Raconte-nous ton parcours.

Depuis l’âge de 15 ans, le secteur de l’hôtellerie m’a toujours attirée. J’ai commencé par un lycée hôtelier avant de revenir dans un cursus général (bac L et DU en Commerce Extérieur) pour finalement intégrer la licence pro Management International de l’Hôtellerie et de la Restauration de l’Institut Paul Bocuse.

Après l’obtention de mon diplôme, j’ai travaillé plusieurs années dans des établissements 4* et 5* en France et à l’étranger, principalement dans l’organisation d’événements, au début en tant que Chargée de coordination événementielle et avec les années j’ai évolué pour finir Responsable commercial et événementiel. C’était ma situation en janvier 2022.

Cela faisait déjà un petit moment que je commençais à considérer d’autres options pour la suite de ma carrière pour plusieurs raisons.

J’avais le sentiment d’avoir fait le tour de mon job et d’avoir perdu la petite flamme qui m’animais. Les conditions de travail commençaient à me peser. Comme tout le monde le sait, travailler dans l’hôtellerie signifie beaucoup d’heures de travail pour un salaire peu élevé, un grand manque de reconnaissance et une vie en décalé avec le reste du monde.

C’est ce qui m’a amenée à considérer une reconversion professionnelle.

J’ai décidé de faire un bilan de compétences avec COMP&SENS car j’avais un profil tellement « hôtelier » que j’avais beaucoup de mal à me projeter sur d’autres métiers et secteurs d’activité.

Qu’est-ce que le bilan de COMP&SENS t’a apporté ?

Ce bilan m’a apporté de la clarté. Je savais que je maitrisais mon métier mais j’avais besoin que quelqu’un m’aide à voir plus clairement quelles étaient mes compétences, comment je pouvais appliquer ces compétences à d’autres métiers et surtout quels métiers il était possible d’exercer.
Car en étant dans l’hôtellerie depuis toujours, je ne me rendais pas compte de la multitude de secteurs et de métiers existants.

Je suis quelqu’un qui réfléchit beaucoup trop. Je me mets des barrières. Et j’avais besoin de quelqu’un pour m’aider à mettre mes idées au clair.

Ce bilan m’a aussi aidée à prendre confiance en moi. Car j’avais confiance en mes capacités sur mon précédent métier mais le fait de me remettre en question et me projeter dans autre chose m’a fait perdre mes moyens. J’avais l’impression que j’allais être nulle dans tout le reste. Et grâce au bilan, j’ai pu réaliser que les compétences acquises pouvaient être appliquées à d’autres secteurs et qu’il n’y avait donc aucune raison que je sois nulle ailleurs !

Pour quelles raisons as-tu décidé de travailler dans l’enseignement supérieur ?

Durant le bilan, c’est quelque chose qui est beaucoup ressorti. Dans mes expériences passées, j’ai toujours aimé travailler avec un public de jeunes adultes, alternants et stagiaires, et j’avais eu une expérience de 6 mois en tant qu’assistante admissions et promotion au sein de l’Institut Bocuse. J’avais adoré cette expérience.

Quand j’ai commencé à réfléchir à l’environnement de la formation et de l’enseignement supérieur pour la suite, j’étais vraiment animée.

Comment s’est passée ta recherche d’emploi ?

J’ai la chance d’être à Lyon, une ville où il y a beaucoup d’écoles supérieures. Je me suis donc lancée sur des recherches de jobs dans ce domaine.

J’ai été assez sélective dans mes recherches. Au-delà d’identifier mes compétences transférables, le bilan m’a permis d’apprendre à mieux me connaitre. D’identifier ce que j’aime, ce qui m’anime, mes valeurs et mes besoins. Et de savoir précisément ce que je voulais (et aussi ce que je ne voulais pas !).

L’objectif n’est pas uniquement de trouver quelque chose que l’on sait faire, mais un job qui va réunir l’ensemble des éléments qui sont importants pour nous.

J’avais des exigences en termes de salaire notamment. Je ne postulais qu’au sein d’établissements dont je partageais les valeurs. J’ai donc envoyé peu de candidatures.

En étant exigeante, en ciblant mes recherches, et ce dans le cadre d’une reconversion, sans avoir aucune expérience dans ce domaine, j’ai trouvé mon poste actuel en à peine 6 semaines.

En quoi consiste ton job d’Assistante de Direction service de la Promotion et des Admissions ? ?

Mon service gère la promotion des programmes auprès d’un public de lycéens jusqu’à bac+3 ainsi que la phase d’admissions, beaucoup plus administrative, où l’on traite les dossiers de candidatures et les concours d’admissions.

Mes missions sont très variées et sont réparties en 3 grands pôles :

  • Assistante de direction (rattachée à la directrice du service) : je l’aide notamment sur la partie statistiques, la rédaction de comptes-rendus de réunions, et l’organisation d’événements comme les journées portes ouvertes.
  • Soutien au service des admissions sur le traitement des dossiers de candidatures, la gestion des oraux et la planification des sessions de concours
  • Soutien au service de la promotion sur la gestion des événements de promo, forums lycées et salons étudiants

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ce job ?

C’est la variété de mes missions et mon environnement de travail qui est très agréable.

J’ai une super équipe, je travaille sur un campus magnifique, j’ai des équipements au top. Et j’ai la chance d’avoir des avantages que je n’avais jamais connu en hôtellerie auparavant : 9 semaines de congés payés, flexibilité de mes horaires de travail, je ne travaille pas le vendredi après-midi, possibilités de formation, de demander des équipements pour mon bureau, etc.

C’est une entreprise bienveillante avec ses employés, qui met un point d’honneur à ce que notre environnement de travail soit agréable. Le bien-être au travail est très important. Pour moi c’est un nouveau monde, une vraie découverte, et j’apprécie tellement !

En hôtellerie, la seule et unique chose qui importe : c’est le bien-être des clients…pas celui des employés. C’est vraiment dommage car le secteur est en train de voir déserter ses collaborateurs !

En quoi ton expérience passée t’aide aujourd’hui dans la réussite de ton poste ?

La gestion du stress. J’ai vécu des situations tellement stressantes en hôtellerie que dès qu’il y a un coup de rush dans mon activité actuelle, je gère super bien 😊

Ainsi que ma capacité à être sur tous les fronts. En hôtellerie, j’arrivais le matin avec une to do list et lorsque je repartais le soir, elle n’avait pas bougé car j’avais dû gérer des imprévus toute la journée. C’était mon quotidien !

Mes compétences en organisation d’événements m’aident aussi beaucoup car j’organise des événements dans mon job actuel. 

Qu’est ce qui a été le plus difficile dans ton parcours de reconversion ?

De surmonter ce problème d’estime et de confiance en moi. Pendant un temps, entre la fin du bilan et le moment où j’ai commencé à chercher du boulot, j’ai été saisi par la peur de ne pas être à la hauteur et de me tromper. Alors même que j’avais dépassé cette peur pendant le bilan.

Je me disais que j’avais passé plus d’une décennie dans l’hôtellerie, que j’avais enfin réussi à atteindre un poste de chef de service et que je retombais sur un poste d’assistanat. Est-ce que je ne suis pas en train de me planter ?

Pour dépasser ces blocages, j’ai beaucoup relativisé. Je ne pouvais pas commencer directement chef de service en changeant de secteur d’activité. C’est là que je me serais plantée !

Commencer en tant qu’assistante me permet de découvrir le secteur, d’apprendre et, toutes les compétences que j’ai acquises pendant 10 ans me permettront d’accélérer le processus d’évolution. J’ai mis 10 ans pour passer chef de service en hôtellerie, mais je ne m’attends pas à mettre 10 ans pour passer responsable dans l’enseignement supérieur.

Je redémarre à zéro au niveau de mes connaissances de ce secteur, mais pas au niveau des compétences acquises.

Le vrai problème, c’est la peur du regard et du jugement de notre entourage. Mais en réalité, c’est hyper courageux de se reconvertir. C’est le meilleur moyen pour être satisfait dans son job. Il y a beaucoup de personnes malheureuses dans leur boulot, et qui sont tellement paralysées par leur peur et par le regard des autres, qu’elles ne bougent pas. C’est trop dommage.

Qu’est-ce que tu te dis en regardant ton parcours aujourd’hui  ?

Que j’ai un beau parcours. J’ai suivi mes envies. Ce que j’avais besoin de faire à ce moment-là. J’ai évolué dans l’hôtellerie. J’ai voyagé. J’ai rencontré plein de gens. Acquis plein de compétences.

Et je suis super heureuse car j’ai réalisé il y a plusieurs mois que je voulais faire autre chose, et j’ai réussi à me donner les moyens d’y arriver.

Quels sont tes projets et tes rêves pour la suite  ?

Évoluer dans mon entreprise actuelle. Après seulement quelques mois, je viens d’ailleurs d’avoir une proposition pour passer Chargée des admissions.

Et sur du plus long terme, je ne me ferme à rien. Peut-être que j’aurais envie d’aller voir ailleurs, de retourner dans l’hôtellerie, de rester dans l’enseignement supérieur toute ma vie. On verra.

Je ne me fais pas de plans car mes envies vont certainement évoluer.

Je vais davantage faire des projets sur ma vie perso maintenant.

Que conseillerais-tu à une femme qui souhaite se reconvertir mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

Conseil n°1 : S’écouter !

C’est facile de s’écouter. C’est plus difficile de lâcher-prise sur ce qu’il y a autour (l’environnement, la pression sociale, le regard et l’avis des autres…) et qui t’empêche d’agir en fonction de tes envies. Mettre une barrière avec ces « parasitages extérieurs » est indispensable.

Conseil n°2 : Être accompagnée !

Pour prendre conscience de qui tu es et de ce que tu veux, t’aider à dépasser tes peurs et à franchir des étapes importantes, le meilleur moyen c’est de ne pas le faire seule, pour être plus sereine.

Sans le bilan, je pense que je n’aurais pas quitter mon job dans l’hôtellerie à ce jour.

Conseil n°3 : Se lancer !

Tu ne peux pas vraiment te planter. Il faut tenter, essayer des choses. Où est le vrai risque ?

Pour moi, le risque était financier. Mais j’ai eu la chance de faire une rupture conventionnelle et d’avoir droit au chômage. Ce qui m’a permis de prendre le temps de terminer mon bilan, de trouver le job qui me convenait.
Il est aussi totalement possible de faire un bilan et/ou de réfléchir à la suite de sa carrière en étant toujours en poste.

Ta citation favorite

« Tout seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin.  »

Si toi aussi tu souhaites (re)devenir actrice de ta vie pro, découvre notre bilan de compétences réinventé !

Un accompagnement personnalisé pour mieux te connaître, construire un projet qui te ressemble et passer à l’action pour ENFIN kiffer ton job !

"

Séance individuelle de 45 minutes (offerte et sans engagement) pour échanger sur tes besoins et ta situation et voir comment nous pouvons t’accompagner pour répondre à tes attentes.