Emilie : de l’optométrie à la décoration d’intérieur

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« Montrer à mes garçons qu’une maman peut prendre du temps pour se reconvertir, travailler, les élever et aussi être fatiguée et en avoir marre. Et que papa s’occupe de toutes les tâches ménagères et la gestion de la maison ! girl power ! »

Raconte-nous ton parcours.

À 18 ans, je ne savais pas trop ce que je voulais faire. L’univers de la médecine m’attirait. Soigner les gens. Avoir de la reconnaissance. Après avoir obtenu un Bac S, j’ai commencé des études de médecine à Grenoble.

Je n’avais jamais quitté mes parents et là j’étais seule dans un appart, dans une grande ville. Le rythme était très soutenu. Peut-être que ça faisait trop de changements. Que tout allait trop vite.

J’ai tenu 3 mois avant d’arrêter médecine et de rebondir en BTS opticien-lunetier en alternance. J’ai poursuivi en licence puis en école d’optométrie jusqu’à valider un Master et un Diplôme Européen.

L’optométrie n’est pas vraiment reconnue en France. C’est une profession qui permet de travailler avec les médecins, de faire des examens beaucoup plus poussés qu’un opticien, de manière assez similaire au travail de l’ophtalmo (mais sans devoir attendre plusieurs mois pour obtenir un RDV !).

J’ai travaillé une dizaine d’années en magasin d’Optique avant d’être embauchée à l’hôpital d’Annecy. Au départ, j’ai commencé à mi-temps en étant toujours chez l’opticien. Jusqu’à passer à 4 jours par semaine à l’hôpital et arrêter mon job en magasin d’optique.

Je faisais plus d’une heure de route (de montagne !) pour aller travailler car j’habite dans une petite station de ski à côté de Megève.

Lorsque j’ai eu mon deuxième enfant, ce rythme n’était plus possible.

Mon mari venait juste de se reconvertir. C’est là que j’ai décidé de me lancer moi aussi dans une reconversion.

Alors je suis passée à mi-temps à l’hôpital pour commencer ma formation en février 2019 et j’ai commencé les projets très rapidement, en étant encore en formation.

 

Comment as-tu géré ta vie de maman et ta reconversion en parallèle ?

Au début, c’était compliqué de trouver le rythme.

Je cumulais le job à l’hôpital, la formation et les enfants (qui ont 6 ans ½ et 3 ans ½ donc besoin de beaucoup d’attention).

Je donnais aussi des cours d’optométrie à Saint-Etienne certains mercredis (6h de route dans la journée !). Je pouvais me consacrer aux projets déco seulement 2 jours par semaine. Ce qui limitait les possibilités de prendre des projets supplémentaires.

J’étais frustrée de pas pouvoir avancer comme je voulais et aussi de ne pas assez m’occuper de mes enfants.

Bref, j’ai essayé de jongler avec ces deux sentiments : motivation & frustration !

Je travaillais tard le soir lorsqu’ils étaient couchés et tôt le matin lorsqu’ils dormaient encore.

Avec du recul, je ne sais pas comment j’ai survécu à cette année-là.

Décembre 2020. Grosse prise de conscience ! Il fallait arrêter l’hôpital ou la déco.

J’avais le sentiment d’avoir fait le tour de mon métier. J’étais fatiguée de la route et du système hospitalier. Faire des consultations à 80 patients par jour. 3h de retard. Les gens assis par terre. Aucune reconnaissance. Ce n’était plus possible. Je ne pouvais jamais aller chercher les enfants à l’école car je partais tard et je devais enchainer avec la route.

Et si j’ai fait le choix de me reconvertir, c’est aussi pour plus profiter d’eux.

Alors j’ai arrêté de vouloir tout faire en même temps, et donc de rien faire correctement !

J’ai démissionné en mars 2022 pour me consacrer à plein temps à Inside Interior Design.

Même si j’ai le sentiment de bosser plus qu’avant, c’est une autre organisation et je suis beaucoup plus détendue.

Aujourd’hui, je m’impose des règles. Je vais chercher mes enfants à 17h30. J’essaye au maximum de ne pas travailler lorsque j’ai les enfants le mercredi matin. De couper le week-end. Sauf exceptions où je profite de leurs siestes pour travailler. Car parfois c’est frustrant de vouloir avancer et que les enfants me sollicitent. Ce n’est pas productif, je n’avance pas. Donc maintenant, j’arrête quand ils se réveillent.

Pour quelles raisons as-tu voulu devenir décoratrice d’intérieur ?

Mon mari était commercial dans le sport avant de se reconvertir. Lors de la construction de notre maison, il a suivi tout le chantier et a décidé de se lancer dans l’immobilier pour devenir maître d’œuvre et promoteur.

Il a fait un puis deux projets et a décidé d’acheter des biens, de les rénover et les revendre.

Cette trajectoire a évidemment influencé ma propre reconversion car, même si on s’était toujours dit que jamais on ne travaillerait ensemble, il était devenu évident que nous pouvions former une super équipe.

J’ai rencontré une personne en vacances qui était femme d’architecte et qui faisait de la décoration d’intérieur. Je me suis dit que c’était top, et je me sentais capable de le faire.

J’avais adoré m’occuper de la décoration de notre maison. Et je voulais faire une proposition complète avec mon mari.

Tout est allé très vite.

Je me suis renseignée sur quelques écoles, et 4 mois plus tard j’étais inscrite à l’EDAA, une école 100% à distance avec un cursus très flexible qui pouvait être réalisé en 3 ans.

Quand j’ai commencé la formation je savais à peine dessiner un bonhomme.

Avec l’informatique aujourd’hui, tu peux faire des rendus super sympa sans savoir dessiner. Il ne faut pas que ce soit un frein.

J’ai commencé les projets avant le premier confinement alors que j’étais encore en formation.

Le 1er était l’institut de beauté d’une copine. Je me suis lancée, sans même savoir faire un plan. Je ne craignais pas d’apprendre sur le tas.

Mon 2e projet était la rénovation complète d’un appartement. J’avais mis un panneau chez mes beaux-parents au bord de la route. Un jour, j’ai été contactée par un menuisier pour le projet de clients parisiens.

Ensuite j’ai eu un espace de coworking qui m’a connu sur Instagram. Je ne savais toujours pas faire de 3D ! Mes connaissances techniques étaient basiques. Je pense sincèrement qu’il faut réussir à se lancer, se faire confiance. S’il y a le feeling avec le client, c’est le plus important.

En quoi consistent ton activité et ton quotidien exactement ?

Lorsque je suis contactée, j’organise un premier rendez-vous. J’analyse les besoins du clientEst-ce qu’il souhaite une rénovation complète ? Un suivi de chantier ? Ou simplement des plans pour ensuite se débrouiller pour la déco et l’ameublement ?

Ensuite je propose un devis. Souvent je fais un dossier technique avec la proposition de 2 ambiances par projet. Puis il y a plusieurs échanges avec le client pour arriver jusqu’à la proposition finale. Et je passe à la concrétisation du projet.

Mes principales activités sont les rénovations complètesJe gère les projets de A à Z. Et je peux aussi être amenée à faire des RDV déco pour apporter des conseils sur une rénovation.

C’est un job qui demande beaucoup d’organisation. De quantifier la durée qu’un projet peut prendre pour avoir une projection. De gérer les artisans, les clients, les problèmes…

J’ai le gros avantage d’avoir mon mari qui a une assurance de maîtrise d’œuvre. Je travaille donc avec son entreprise pour le suivi de chantier.

Qu’est ce qui te plaît le plus, aujourd’hui, dans ton métier ?

J’aime créer des ambiances, rénover des appartements ou maison pour avoir un changement de fou.

Que chaque projet soit différent. Voir l’enthousiasme de mes clients lorsqu’ils découvrent le résultat final.

Avoir une vraie reconnaissance de mon travail (ce que je n’avais pas à l’hôpital !).

Sur quelles qualités t’es-tu appuyée pour mener à bien ta reconversion et gérer ton entreprise ?

Ma rigueur et ma persévérance. Ma capacité à aller au bout. Et à aller plus loin. Me dépasser.

La reconversion m’a demandée beaucoup de travail, d’investissement et de concessions. Mais j’ai toujours eu la facilité à me lancer pour apprendre et aller au bout des choses. Travailler toujours plus pour avoir un meilleur niveau. Évoluer.

Je râle mais j’aime bien être débordée. Tout mener de front. C’est mon tempérament !

Qu’est-ce qui a été le plus difficile ? et le plus facile ?

Le plus difficile :
– Quitter mon équipe et amis de l’hôpital !
– Gérer plusieurs projets en même temps
– S’organiser
– Réussir à refuser des projets !

Le plus facile :
– Arrêter mon ancien métier (je ne regrette absolument pas !)
– Me lancer à 100% dans Inside !

Quels sont, pour toi, les avantages et les inconvénients d’être une maman entrepreneure ?

Gérer mon planning comme je veux et montrer à mes garçons qu’une maman peut prendre du temps pour se reconvertir, travailler, les élever et aussi être fatiguée et en avoir marre. Et que papa s’occupe de toutes les tâches ménagères et gestion de la maison ! Girl Power !

Il faut lâcher prise sur tout ce qu’on a envie de montrer. Prendre du recul sur ces « super mamans » qui mènent tout de front. Des fois ce n’est pas possible. Il y a des moments où ce n’était pas facile pour eux car je n’étais pas très présente ou de mauvaise humeur.
J’essaye au maximum de prendre du recul sur cette énorme pression de la maman parfaite qui fait le goûter, gère la maison, aide aux devoirs, cuisine des super bons plats. Il faut faire à son échelle !

S’ils mangent des pâtes 2 fois par semaine ce n’est pas bien grave. Pendant le confinement, on faisait des apéros. Ils ont mangé des Curly pendant 1 mois 🤣 !

Le seul inconvénient que je vois est de ne pas réussir à couper complètement dans les périodes de rush (surtout avec le bureau à la maison !).

Qu’est-ce que tu te dis en regardant ton parcours aujourd’hui ?

Que je suis fière de moi et que j’ai mille choses à apprendre.

Je ressentais un peu de frustration et un sentiment d’échec d’avoir abandonné médecine, de ne pas avoir persisté. Un sentiment d’infériorité qui planait.

Aujourd’hui, je suis détachée de tout ça. Ce que j’ai fait, je l’ai réussi seule. Je ne ressens plus le besoin d’être reconnu par des pairs, des médecins.

Je me suis lancée avant même d’être diplômée (je n’ai d’ailleurs toujours pas fini la formation !).

J’ai fait mon logo et mon compte insta au début de ma formation puis je me suis lancée et les projets ont commencé à s’enchainer.

J’ai sauté le pas, et je croise les doigts pour l’avenir !

Quelles sont les difficultés d’une reconversion selon toi, et comment les dépasser ?

Oser se lancer. Tout donner pour que ça se passe bien. Ne pas abandonner en route et …. avoir confiance en soi et ses capacités d’adaptation.

Aujourd’hui, on ne va pas rester 30 ans dans la même boite. On est amenés à faire plein de choses. Peut-être que dans 10 ans je ne ferai plus ça.

Il faut juste faire des choses qu’on aime bien, qui sont sympas, où on ne subit pas !

Que conseillerais-tu à une femme qui souhaite se lancer comme entrepreneur mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

Essayer, travailler et sauter !

Ta citation favorite

« Crois en tes rêves ils se réaliseront peut-être, crois en toi ils se réaliseront surement.»

Retrouve Emilie

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Astrid Van Minden

Fondatrice & Coach en réinvention professionnelle.
Ma vision : une agence digitale dédiée à l’épanouissement professionnel des femmes. Bienvenue chez COMP&SENS !

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