Francesca : devenir éducatrice Montessori pour donner du sens à sa vie pro

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« De mon point de vue, la reconversion peut représenter un voyage exceptionnel à l’intérieur de soi. Avec le recul, je pense que tous ces moments : les « échecs » (projets non aboutis), les changements d’idées, « les phases de vide », m’ont aidée à aller à la rencontre de moi-même et de ce que je voulais vraiment.  »

Raconte-nous ton parcours.

Depuis très jeune, je suis passionnée par les langues étrangères et les cultures.

C’est pourquoi, à partir de mes 18 ans, je suis partie plusieurs fois de mon Italie natale pour vivre des expériences à l’étranger et apprendre les langues. Pour moi, cet apprentissage ne pouvait pas se faire uniquement dans une salle de classe, de manière théorique. Cela nécessitait de sortir de sa zone de confortd’aller dans le pays, de s’imprégner de la culture à travers l’échange avec les locaux et de s’y intégrer par le travail.

J’ai en effet toujours travaillé dans les différents pays dans lesquels j’ai vécu, même lorsque j’y étais pour mes études.

Je suis d’abord allée à Londres pendant un an. J’ai travaillé là-bas en tant que fille au pair puis vendeuse. Ensuite je suis rentrée en Italie pour commencer mes études supérieures dans le domaine des langues et du tourisme. J’ai eu l’opportunité de retourner en Angleterre, à Manchester pour faire une année d’études avec le programme Erasmus. Une fois rentrée en Italie, j’ai décidé d’aller explorer la France et d’effectuer mon master en Langues, Droit et Gestion pendant deux ans à Lyon. Ensuite, j’ai voulu rester vivre dans cette ville et comme je ne savais pas exactement dans quoi je voulais travailler, j’ai accepté un emploi d’Assistante de Direction en CDI.

Après huit ans passés à ce poste, j’ai entamé ma reconversion professionnelle vers le métier d’Educatrice Montessori. Je me suis formée pendant un an à l’Institut Supérieur Maria Montessori de Lyon et j’ai commencé à travailler en tant qu’Assistante Montessori anglophone. Depuis août 2022, j’exerce officiellement le métier d’Educatrice Montessori anglophone.

 

Ton nouveau job n’a rien à voir avec ton métier précédent, comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

J’ai travaillé dans mon ancienne entreprise en tant qu’Assistante de Direction pendant de nombreuses années. Au fil du temps, je me rendais compte que les tâches que je faisais m’ennuyaient et que je ne voyais pas de possibilités de progression.

En plus de mon travail, je donnais des cours particuliers d’anglais et d’italien car j’aimais vraiment l’idée de transmettre des connaissances, d’accompagner un étudiant dans son parcours d’apprentissage, de le motiver et surtout de l’aider à travailler sur la confiance en soi afin de surmonter les difficultés scolaires.

Ce « deuxième métier » était plutôt une passion et il allait combler mon besoin de donner du sens à ce que je faisais ; aspect qui manquait dans mon occupation principale.

Ce compromis a fonctionné pendant quelques années jusqu’au moment où j’ai senti la nécessité de trouver un métier qui avait vraiment du sens pour moi.

Je dirais que le moment clé qui a marqué un tournant dans ma volonté de me reconvertir a été la mission de bénévolat que j’ai effectuée au sein de l’association cambodgienne, AKD School en 2017. Une amie à moi qui avait fait du bénévolat dans cette association m’a un jour partagé son expérience et en l’écoutant, j’ai ressenti physiquement quelque chose en moiune émotion, que je n’avais pas ressenti depuis longtemps. Cela m’a donné envie de tenter l’aventure.

Je suis donc partie seule, pendant un mois, dans un petit village au Cambodge pour rejoindre l’association et donner des cours d’anglais aux enfants. J’ai tellement aimé que j’y suis retournée une seconde fois quelques années après. Ces deux expériences sur place m’ont permises de prendre conscience que l’enseignement est une ressource indispensable, un vrai moteur de changement pour le monde entier. 

Je me suis dit que j’avais vraiment envie de devenir actrice du changement et qu’il fallait sauter le pas vers ce nouveau domaine.

Quelles ont été les étapes de ton projet ?

Lorsque j’ai pris conscience que je voulais vraiment changer de métier, j’ai d’abord pris un congé sabbatique de 10 mois afin de prendre du temps pour me recentrer sur moi, sur ce que je voulais vraiment faire et pour pouvoir me consacrer à mes passions : le voyage, le yoga, la méditation et le bénévolat.

A mon retour, je me suis dit, là il faut changer, prends ton courage à deux mains et vas-y ! Même si j’avais peur, il fallait y aller.

Je me suis alors renseignée auprès de l’Apec sur les possibilités que je pouvais avoir pour acter ma reconversion. J’ai donc bénéficié de cinq séances avec une conseillère qui m’a accompagnée dans la préparation de mon dossier de Transition Professionnelle.

J’ai réfléchi plus précisément à la voie que je voulais prendre dans l’enseignement (éducation classique ou alternative) et me suis renseignée sur les différentes formations ou concours à effectuer.

J’ai pris ma décision après avoir regardé un reportage sur Maria Montessori qui m’a beaucoup ému. Je me suis dit « ah mais ça y est c’est ça que je veux faire ! ». Tout ce qu’elle disait avait du sens pour moi, elle avait une vision très humaniste et considérait que le changement d’une société pouvait se faire par les enfants d’où l’importance centrale de l’éducation.

Une fois ma décision prise, j’ai entamé les démarches pour l’inscription à la formation d’Educateur Montessori (3-6 ans) pour l’année 2020-2021 auprès de l’Institut Supérieur Maria Montessori de Lyon. Je voulais une formation qui soit reconnue qui puisse me permettre d’enseigner dans toutes les écoles Montessori du monde.

Six mois avant le début de ma formation, j’avais prévenu mon entreprise de mon projet de reconversion en leur présentant deux scénarios possibles : soit mon dossier de Transition Professionnelle était accepté et je partais en congé de transition professionnelle (avec maintien du contrat de travail et du salaire) soit, en cas de refus du dossier, je demanderais une rupture conventionnelle.

Mon dossier de Transition Professionnelle est finalement refusé, mon employeur et moi avons donc entamé une procédure de rupture conventionnelle.

En septembre 2020 j’ai quitté mon entreprise. A la suite de cela, j’ai suivi ma formation d’éducatrice Montessori qui a duré une année au bout de laquelle j’ai obtenu mon diplôme. J’ai rencontré durant cette formation un groupe formidable, des gens avec des profils très différents, nous avions une belle synergie.

J’ai ensuite commencé à chercher du travail, je savais d’avance que la tâche n’allait pas être facile car les opportunités d’emploi pour ce métier ne sont pas très nombreuses à Lyon. J’ai cependant eu de la chance car mon réseau m’a beaucoup aidé dans ma recherche. C’est en effet grâce à des connaissances que j’ai pu trouver mes premiers emplois dans le domaine.

Qu’est ce qui a été le plus difficile dans ton parcours de reconversion ?

La préparation du dossier de Transition Professionnelle m’a pris beaucoup de temps, ce n’était pas évident, même en étant accompagnée. J’ai été très déçue lorsque j’ai appris que mon dossier avait été refusé.

Aussi, la formation d’éducatrice Montessori était très dense et elle a nécessité beaucoup de travail. Je ne m’attendais pas forcément à avoir ce niveau d’investissement et de difficulté.

Enfin, j’ai dû aussi accepter que le métier que je voulais faire et qui avait du sens pour moi (éducatrice Montessori) était très peu rémunérateur et instable car les écoles sont des structures privées et fragiles qui peuvent disparaitre très rapidement.

Y a-t-il des choses que tu ne referais pas de la même façon ?

Non, je pense que si ma reconversion s’est déroulée de cette manière, c’est que ça devait se passer ainsi.

Il ne s’agit pas d’être fataliste, mais plutôt d’accepter que nos « changements » puissent ne pas être parfaits ou représenter la solution à toutes nos difficultés par la suite.

Changer c’est sortir de sa zone de confort (ou de ce que l’on croit être du « confort ») et même si nous maîtrisons chaque étape du processus, il y aura toujours une partie d’inconnu à laquelle il faudra faire face et qu’il faut accepter.

En quoi consiste ton job d’éducatrice Montessori ?

J’accompagne les enfants de 3-6 ans dans leur développement cognitifleur confiance, leur autonomie, et dans la construction de leur savoir-être.

Je veille à leur sécurité physique mais aussi affective.

Je suis Educatrice Montessori Anglophone et donc je m’exprime avec les enfants uniquement en anglais. En parallèle, je collabore avec les parents afin de créer un dialogue constructif autour de l’enfant. Il est primordial de créer un lien entre ces deux univers afin de partager la même philosophie à la maison et à l’école.

Qu’est ce qui te plaît le plus, aujourd’hui, dans ton métier ?

Travailler avec les enfants est très enrichissant : chaque enfant a un univers à part qu’il faut découvrir et apprendre à accompagner au mieux possible sans le dénaturer.

De plus ce métier me pousse à travailler sur moi-même car les enfants nous renvoient, comme de vrais miroirs, à nos propres difficultés ou blessures du passé.

C’est aspect psychologique et d’introspection est une source importante d’apprentissage au quotidien.

Qu’est-ce que tu te dis en regardant ton parcours aujourd’hui ?

Je dirais en anglais “It was meant to be” (*« Ça devait se passer comme ça »)

Toutes mes expériences professionnelles, de la plus courte et peut-être « insignifiante » (ex : jobs étudiant) à la plus longue et « qualifiante » ont une importance primordiale et m’ont permis d’acquérir des compétences me permettant d’arriver à mon métier actuel.

Qu’est-ce qui t’a aidée dans ton parcours ?

Mon parcours me ressemble beaucoup : il m’a fallu pas mal d’années de réflexion avec plein d’idées pendant une période (ex : je m’étais renseignée pour aller enseigner l’anglais au Japon et j’avais commencé un cours de japonais …) puis, plein de moments de doutes et des années de stagnation.

De mon point de vue, la reconversion peut représenter un voyage exceptionnel à l’intérieur de soi. Avec le recul, je pense que tous ces moments : les « échecs » (projets non aboutis), les changements d’idées, « les phases de vide », m’ont aidée à aller à la rencontre de moi-même et de ce que je voulais vraiment.

En quoi ton expérience passée t’aide aujourd’hui dans la réussite de ton poste ?

Mes expériences passées m’ont enseigné qu’être éducatrice Montessori n’est pas une fin en soi mais plutôt un nouveau point de départ.

Je me sens complétement dans mon univers, mais je sais, au fond de moi, que ma soif d’apprentissage inépuisable ainsi que le besoin d’avoir plus de sécurité économique me pousseront vers de nouveaux horizons en lien avec l’éducation.

Quelles sont les difficultés d’une reconversion selon toi, et comment les dépasser ?

Je pense que la reconversion est un travail sur soi qui dépasse la sphère uniquement professionnelle.

Souvent le changement de carrière est précédé par des périodes de « crise » à différents niveaux pendant lesquelles on peut se sentir complétement perdus, sans idées claires en tête.

Mon expérience m’a permis de comprendre que le temps est notre allié et qu’il ne faut pas se comparer aux autres (ex : ceux qui ont trouvé le travail de leur vie à 23 ans), mais plutôt accepter de vivre cette nouvelle phase de reconversion à son propre rythme.

Il est néanmoins nécessaire de s’entourer des gens qui vivent une expérience similaire et qui peuvent être moteur dans les moments les plus difficiles.

Se faire accompagner par des professionnels, (ex : faire un bilan de compétences / des séances de psychologie, etc.) peut être utile afin de se sentir compris et soutenu.

Que conseillerais-tu à une femme qui souhaite se lancer dans une reconversion mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

Première chose : de prendre une feuille et d’écrire noir sur blanc tous les rêves professionnels qui l’animent…il faut d’abord oser rêver. 

Deuxième chose : de prendre une deuxième feuille et d’écrire noir sur blanc toutes les peurs, doutes, freins qui empêcheraient la réalisation de ces rêves.

Troisième chose : de prévoir un accompagnement sur-mesure avec des professionnels de confiance.

Quels sont tes projets et tes rêves pour la suite ?

Je voudrais continuer à me former et peut-être à l’avenir avoir une activité en libéral liée à l’éducation et à mes passions le yoga et le voyage.

Ta citation favorite

« Your dream doesn’t have an expiration date… Take a deep breath and try again. »

« Ton rêve n’a pas de date d’expiration… Respire profondément et essaye encore.  »

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Astrid Van Minden

Fondatrice & Coach en réinvention professionnelle.
Ma vision : une agence digitale dédiée à l’épanouissement professionnel des femmes. Bienvenue chez COMP&SENS !

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